Roman : prisonniers des gobelins

Donarg Mâchefer a repris connaissance, mais son esprit est brouillé.Le dernier évènement, dont il se souvient, est qu’il était dans les montagnes, au nord de la cité-mine du Rakdur, en train d’affronter un géant, à la suite d’une embuscade dans laquelle était tombée sa compagnie. Mais alors, que fait-il maintenant sous terre, allongé dans un liquide poisseux et nauséabond, au milieu des rats ? Où sont ses compagnons d’armes ? Pourquoi ses souvenirs, effacés lors de la Cérémonie de l’Oubli, hantent-ils à nouveau sa mémoire ? Et qu’arrive-t-il à ses tatouages ? Tant de questions sans réponses, mais le temps est compté pour le vétéran nain, car il s’est réveillé en territoire ennemi, un ancien ennemi de surcroît…

Prisonniers des gobelins est le quatrième livre de la série Les héros de la cité-mine du Rakdur. C’est un roman illustré, dont le récit est accompagné d’une trentaine d’images en couleurs.

Caractéristiques

Date de parution : le 30/06/2021
ISBN (version brochée) : 979-8510416725
Collection : Les héros de la cité-mine du Rakdur
Genre : médiéval fantastique
Caractéristiques : 161 pages, dont 30 illustrées
Dimensions du produit : 15,2 x 0,7 x 22,9 cm
Public : non adapté aux jeunes enfants
Disponibilité(s) : format kindle*, édition broché*
Extrait gratuit : sur Amazon.fr*
Prix : 2.99€TTC kindle, 23 € TTC Broché France

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Je vous propose de découvrir le premier chapitre du livre :

Chapitre 1 – Un cri de rage

Son cri de rage s’éteignit doucement. À présent, Bramor était seul. Hurler ne l’avait même pas soulagé. Pire, sa frustration ne cessait de croître. Il banda ses muscles et tenta vainement de briser la chaîne qui entravait ses poignets.

image de Bramor criePourquoi ne s’était-il pas opposé aux deux gobelins venus chercher ses compagnons d’armes, Durnain Razpierre, dit le Jumeau, et le vétéran Donarg Mâchefer ? Il aurait pu se servir de sa chaîne comme d’une arme. Il aurait pu les désarmer, puis les tuer. Il imagina plusieurs scenarii dans sa tête. Il écrasait leur face de monstre, utilisant sa chaîne comme un fléau, ou encore il les étranglait. À chaque fois, il sortait victorieux des combats et sauvait ses amis. Donarg survivait à ses blessures et ils rentraient ensemble à la cité-mine du Rakdur. Pour finir, tous les acclamaient.

Le temps passant, le jeune nain dut revenir à la réalité. Les seuls applaudissements étaient les clapotis produits par l’eau qui ruisselait le long des murs, formant par endroit des flaques.

Il avait bien essayé de s’interposer quand les gobelins avaient maltraité Donarg inconscient, mais à son grand désarroi Durnain l’avait retenu. Puis, lorsque ces tortionnaires l’avaient désigné pour emporter le corps sans vie de leur ami, encore une fois celui-ci était intervenu. Le Jumeau avait demandé à assumer cette tâche et lui avait même fait signe de ne pas bouger. Il est vrai que Durnain n’était plus tout à fait le même depuis la mort de son frère. Il semblait avoir perdu sa pugnacité et attendre stoïquement la fin. Était-il devenu un lâche ? Bramor chassa rapidement cette idée. La raison était pourtant évidente. Il savait que son compagnon désirait seulement le protéger. Il espérait qu’un jour, lui, le cadet de la compagnie puisse retourner sain et sauf à la cité-mine du Rakdur.

Ah… Rakdur. Bramor revit ses disputes avec son père.
— Non, tu n’iras pas ! Je te l’interdis. Je suis ton père et tu dois m’obéir.
— Mais j’ai bientôt 21 ans ! Je veux devenir un guerrier.
— Jamais mon fils ! Avec ton don, cela serait du gâchis. Tout ça pour partir à l’aventure.

Bramor à l’âge requis dut faire son service militaire. Normalement, ce n’était pas un problème. En tant que conscrit et avec ses talents de forgeron, il aurait pu rester sagement dans l’enceinte de la cité-mine et poursuivre sa formation. C’était le souhait de son père, la voie de la facilité, mais pas celle choisie par le jeune nain. Il avait demandé à rejoindre le service actif et à être incorporé au sein des patrouilles de surveillance. Il rêvait tant de vivre des aventures comme celles de son nouvel ami, l’apothiguerre Nogar Mainsecourable. Son père n’était pas d’accord, mais il avait dû se plier aux lois de la cité-mine.

Son père n’avait jamais aimé le métier des armes. Il imputait à Nogar sa décision de devenir un soldat. Il était convaincu que le prêtre-guerrier l’avait encouragé avec ses récits, que c’était à cause de lui qu’il abandonnait sa voie. Bramor savait que ce n’était pas vrai, qu’il retournerait un jour à la forge. Il avait cela dans le sang. Les nains étaient réputés être têtus, mais son père avait fini par lui accorder sa bénédiction.

Sa mère et son ami Nogar avaient été des alliés de poids. « Qu’il s’en rende compte par lui-même, répétait-elle à son mari ou encore, tu étais pareil à son âge. » Ce souvenir dessina un sourire sur le visage triste de Bramor. Quant à Nogar, son père lui avait fait jurer qu’il lui ramènerait son héritier sain et sauf à la cité-mine, une fois son service militaire terminé. Ne pas respecter la parole donnée était un grand crime pour les nains. Malheureusement, le « serment d’honneur » avait été brisé avec la mort de son ami.

Son père lui répétait sans cesse que les plus jeunes étaient toujours les premiers à tomber au combat, faute d’expérience. La preuve qu’il se trompait. Bramor avait vu mourir tous ses compagnons les uns après les autres. Si Durnain ne revenait pas, il serait le dernier.

Lui, qui rêvait d’aventures, avait été servi. Tout était gravé à jamais dans sa mémoire : la rencontre avec les gobelins, le géant, les premiers morts, le défilé. Il revit, comme s’il y était, son ami Nogar chuter dans le précipice.

À la fin des affrontements, il ne restait que trois survivants des vingt nains que comptait sa compagnie : Durnain, Donarg et lui. Et encore, seulement deux tenaient debout, car Donarg gisait inconscient. Il n’était pas blessé, mais simplement endormi. Vidé de ses forces, il s’était effondré après avoir affronté et vaincu en combat singulier un géant. C’était un soldat d’élite. Les tatouages magiques, qui parcouraient son corps, lui conféraient la faculté de sombrer dans une rage martiale. Le sommeil était le prix à payer pour cette débauche d’énergie.

Le sourire perfide du chaman gobelin, lorsqu’il s’était présenté devant eux après leur capture, était lui aussi gravé dans la mémoire de Bramor. Ils auraient dû écouter Donarg et le tuer quand ils en avaient eu la possibilité. Le monstre avait été surtout intéressé par leur compagnon inconscient. Durnain lui avait traduit le sens de ses paroles. Il parlait de lui comme du « Tombeur de géant ». Les gobelins avaient ligoté leur ami, puis l’avaient suspendu à une lance, tel un vulgaire gibier, pour mieux le transporter.

Donarg ficelé

Ensuite, ils avaient cheminé sous bonne garde jusqu’à une grotte. Bramor la reconnut tout de suite. C’était devant celle-ci que sa compagnie avait affronté victorieusement quelques jours plus tôt l’avant-garde ennemie. Elle était vaste et ils n’avaient pas eu le temps de l’explorer. C’était une erreur de leur part, cela leur aurait permis de découvrir un réseau de galeries s’enfonçant profondément dans les montagnes.

Alors qu’ils progressaient sous terre, un gros gobelin avait fait boire à plusieurs reprises un breuvage à Donarg. Sans aucun doute, des drogues soporifiques, car leur ami ne reprit pas connaissance pendant leur voyage. Combien de temps dura celui-ci ? Difficile à dire dans l’obscurité des tunnels, mais ils firent plusieurs haltes avant d’arriver enfin à destination, le territoire des gobelins. Là, ils furent tous les trois jetés sans ménagement dans une cellule.

Assez régulièrement, les geôliers leur apportaient de quoi s’alimenter et de l’eau trouble au goût acide dans un seau sale. Ils ne disposaient même pas d’écuelles pour manger. Les gardiens versaient une louche d’un liquide gluant et malodorant à même le sol. Dans leur langage nain rudimentaire, leurs bourreaux s’étaient moqués d’eux.

— Vous chiens, manger comme chiens !

Il fallait bien survivre. La nourriture était collante et difficile à mastiquer. Elle brûlait l’estomac, mais Bramor devait reconnaitre qu’elle était suffisamment nourrissante pour tenir. Néanmoins, il ne souhaitait surtout pas en connaître la composition et pour tromper ses sens, il s’imaginait déguster de délicieux champignons. C’était sa façon de supporter sa condition.

Donarg, toujours inconscient, ne pouvait s’alimenter. Bramor avait cependant réussi à lui faire boire un peu d’eau. Parfois, le vétéran semblait revenir à lui. Alors, il murmurait des propos plus ou moins compréhensibles, avant de sombrer à nouveau dans le sommeil.

Bramor ne se faisait aucune illusion sur le sort de Durnain. Il avait vu ce que les gobelins avaient fait à Donarg. Depuis leur arrivée, ils venaient régulièrement le chercher pour l’interroger.

— Si causer, lui vivre, disaient les monstres.

Ordures ! aurait-il voulu crier. Comment faire parler quelqu’un dans le coma ? Ce n’était pas des interrogatoires, mais des séances de torture. Donarg revenait avec toujours plus de plaies et d’hématomes. Seule sa constitution magique, acquise lors de la Cérémonie de l’Oubli, lui avait permis de tenir aussi longtemps. Le jeune nain pensait que le chaman se vengeait du mauvais traitement qu’il avait subi lorsqu’il avait été leur prisonnier. Il devait certainement mener sur Donarg des expériences, afin d’éprouver les limites de sa résistance magique. Aussi fort qu’il fût, chaque séance affaiblissait son ami.

Durnain n’avait pas de tatouages magiques. Soumis au même traitement, il ne tiendrait pas longtemps et lui encore moins. Alors, Bramor prit une décision : quitte à mourir, autant mourir vite et avec les honneurs. La prochaine fois que ces monstres viendraient, il les affronterait et advienne que pourra.

Le jeune nain ne put s’empêcher de penser à nouveau à sa famille. Non, il ne regrettait aucunement ses choix. Si c’était à refaire, il agirait de même. Il était fier d’appartenir à la cité-mine du Rakdur. Les siens n’auraient pas à avoir honte de lui, car il ne partirait pas seul pour les Portes de la Mort. Il ferait en sorte d’emporter le plus grand nombre d’ennemis avec lui.

Bramor tenta de briser ses chaînes, mais dut renoncer une nouvelle fois. Il regarda autour de lui à la recherche d’un objet, qu’il pourrait utiliser pour se battre. Il ne trouva que le seau d’eau. Il vida son contenu sur le sol, de toute façon il n’en aurait plus besoin. Puis, il le serra nerveusement entre ses mains. Ainsi armé, il se mit à chanter une geste guerrière pour se donner du courage.

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