BDToon une bande dessinée avec des toons

Selfie de BDtoonVous savez déjà que je “planche” sur l’adaptation de la série de mes romans Les héros de la cité-mine du Rakdur au format bande dessinée (BD).

Dans un précédent billet, j’évoquais les difficultés de choisir entre BD versus roman-photo et pourquoi au final, le résultat était un compromis entre les deux.

Néanmoins, tout cela m’avait donné matière à réfléchir et je souhaitais faire une BD qui se rapproche plus des canons traditionnels. J’avais aussi une idée qui me trottait dans la tête depuis quelque temps … l’utilisation de personnages type toons.

Une BD avec comme personnages des toons !

Avant d’aller plus loin, petite définition, c’est quoi un toon ?

Un toon est un « personnage de dessin animé (…) surréaliste et comique, souvent hystérique (…) capable de défier les lois de la physique et/ou de la logique afin de donner le plus de rythme à ses histoires (…) et immortels. Cf. Wikipedia

Bon, autant le dire toute de suite, je n’envisage pas de faire un film d’animation 3D. Ce n’est pas l’envie qui me manque, mais malheureusement je n’ai ni le temps ni l’énergie pour m’investir dans un projet aussi titanesque. Néanmoins, j’avoue que cela me trotte régulièrement dans la tête mais je renvoie tout cela aux calendes grecques.

Cependant, si aujourd’hui un projet de film d’animation n’est pas à l’ordre du jour, celui d’une bande dessinée avec des personnages toons est un défi excitant. J’ai d’ailleurs trouvé un nom pour ce projet : Bdtoon.

Cileana BDtoon

Vive les toons et les caricatures !

Alors les toons, on aime ou l’on n’aime pas.

Certains trouvent qu’ils sont très laids. Cela vient du fait qu’ils possèdent des traits caricaturaux. En effet, les personnages ont traditionnellement de grands yeux et une tête énorme, souvent plus large que leur torse.

D’autres personnes, au contraire, trouvent le résultat plaisant ou amusant. Personnellement, je me situe plutôt dans la seconde catégorie.

Le point essentiel à retenir est qu’avec les toons, nous abordons le registre de la caricature et tout ce qui va avec : le comique, la parodie, la satire… Et c’est cela qui me plait. En effet, ces personnages offrent une grande variété d’expressions artistiques.

Des toons et un MMORPG, une histoire d’humour

Quand j’ai le temps (ce qui n’arrive pas très souvent), je joue à des MMORPG (pour massively multiplayer online role-playing game en anglais ou jeu de rôle en ligne massivement multijoueur en français). Cette préférence s’explique par la forte influence qu’ont eue les jeux de rôle sur mon enfance. Mes fils y jouent d’ailleurs aussi (trop souvent de l’avis de leur maman). Je plaide coupable…

Pour profiter pleinement de l’expérience, l’idéal est de jouer à plusieurs et de coordonner ses actions vocalement. J’utilise pour cela l’application Discord. Les échanges vocaux au cours de ces parties sont pour moi une source d’inspiration. C’est d’ailleurs ainsi que m’est venue l’idée de la fable de Lya (cf. le billet).

Vous vous demandez peut-être où je veux en venir ?

Tout simplement au fait que la BDtoon s’inspira directement de mon expérience des MMORPG. Elle se présentera sous la forme de saynètes humoristiques (ou sketches) plus ou moins longues.

Qand les méchants sont les gentils et inversement…

Naturellement, le background sera le même que celui de mes romans, c’est-à-dire celui d’un univers médiéval fantastique. Des nouvelles espèces – comme des oreilles pointues – feront leur apparition.

Certes, les lecteurs y retrouveront des nains mais ils n’auront qu’un rôle secondaire. En effet, ce ne sont pas les créatures que je souhaite mettre au premier plan dans cette bande dessinée.

Non ! Dans ce projet, place aux méchants ! Ce sont eux qui seront les principaux héros de la bande dessinée.

Dit sous une autre forme : les méchants incarneront les gentils… et dans l’ordre naturel des choses, les traditionnels gentils (nains & humains) deviendront les méchants.

Un juste retour des choses, ne pensez-vous pas ?

les héros du Comic strip

“Pour Rakdur !”, bande dessinée ou roman-photo ?

image extrait BD pour le blogJ’ai déjà eu l’occasion de vous confier, dans un précédent billet, mon projet de réaliser une bandes dessinée (BD) entièrement en images de synthèse 3D.

J’ai commencé à travailler dessus durant l’été 2019, lors de parution du roman illustré La compagnie des nains, premier tome de la série Les héros de la cité-mine du Rakdur.

BD planche essaiAu bout d’une dizaine de planches, j’ai voulu faire le point. Je les ai montrées d’abord à ma famille. Puis, j’ai élargi au cercle des amis et là, un a été direct avec moi :

“Ta BD, elle est moche.”

Je vous laisse vous faire votre propre avis en vous dévoilant l’une des premières planches réalisées.

Cette personne m’a conseillé vivement d’utiliser sur les illustrations des filtres « cartoonisants » pour un rendu plus uniforme et surtout plus proche de la bande dessinée.

Voilà le résultat obtenu sur le personnage d’Isisgard sans traitement d’image (à gauche), puis avec un filtre « cartoonisant » (à droite) :

Isisgard sans et avec filtre

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas aimé. Chercher à produire des images les plus réalistes possible pour ensuite les « cartooniser », je n’en voyais pas l’intérêt. Je reconnais que cela m’a bloqué et mon projet BD est restée au point mort durant plusieurs semaines. Le temps que je comprenne d’où venait le problème. Et pourtant, c’était évident.

Une BD est… une bande dessinée. Bon, je vous l’accorde, c’est le genre de phrase qui ne fait pas avancer le sminlick.

Dit autrement, une bande dessinée est une succession de dessins réalisés soit à la main, soit numériquement, soit en associant les deux techniques. Or je ne produis pas des dessins mais des images de synthèse, modélisées et calculées sur des ordinateurs.

Le résultat obtenu est plus proche d’une photo que d’un dessin. Et c’est de là que vient le problème. Mes planches sont réalisées à partir de photos et non de dessins.

D’ailleurs, connaissez-vous beaucoup de bandes dessinées entièrement réalisées en images de synthèse 3D ? On trouve bien quelques planches sur Internet mais généralement, elles ont été retravaillées ensuite avec des filtres pour obtenir un rendu BD.

Roman-photo ou BD ?

Des histoires racontées à l’aide photos cela existe depuis longtemps, cela s’appelle des romans-photos. Mais en fait un roman-photo c’est quoi ?

Un petit tour sur wikipedia nous apporte la réponse :

« Un roman-photo est un genre narratif proche de la bande dessinée, dans lequel une succession de photographies, généralement agrémentées de textes disposés ou non dans des phylactères, conduit la narration. cf. wikipédia (lien externe) »

Pour ceux qui ne le savent pas ce qu’est un phylactère, c’est tout simplement une bulle dans laquelle l’auteur place les dialogues ou les pensées des personnages.

Nouvelle question : connaissez-vous beaucoup de personnes qui lisent aujourd’hui des romans-photos ?

J’ai néanmoins en mémoire des images de personnes âgées feuilletant des épisodes dans des revues people mais c’était il y a bien longtemps. Aujourd’hui, il y en a peut-être dans mon entourage mais personne ne s’en vante. Je dis cela mais … j’ai dans mon bureau, depuis toujours (enfin, disons plutôt vingt ans ), un roman-photo qui a bercé ma jeunesse. C’est Grease, tiré du film musical éponyme, sorti en 1978 avec les acteurs John Travolta et Olivia Newton-John. Je vous montre la jaquette et deux pages intérieures :

roman-photo du film musical Grease

Pour revenir au sujet, les critiques formulées s’expliquaient parce que les planches que j’avais produites relevaient plus du roman-photo que de la bande dessinée. Dès lors que le problème était identifié, il ne me restait plus qu’à trouver une solution, ou tout du moins réfléchir sur la façon dont j’allais poursuivre ce projet.

Un bon compromis trouvé

BD essai page fond perduDevais-je produire une BD ou un roman-photo ?

Après quelques essais, j’ai trouvé une solution intermédiaire.

Le résultat n’est pas tout à fait une bande dessinée ni réellement un roman-photo mais entre les deux. Chaque planche comprend une image en fond perdu (c’est-à-dire qui recouvre les marges de la page, comme dans le conte de Lya) sur laquelle viennent se greffer des cases.

L’image en fond perdu peut elle-même servir de case comme dans l’exemple ci-contre. Je vous laisse comparer les deux versions sans (à gauche) et avec fond perdu (à droite) :

BD planche old versus new

Ce sont toujours les mêmes images mais agencées différemment. Cela change totalement le rendu. Surtout, l’un des avantages de cette présentation est que je peux, dès lors, produire des images pouvant s’étaler sur deux pages.

BD essai double page

Le format ayant enfin été trouvé, il ne me restait plus qu’à me remettre au travail. Vous pouvez voir le résultat en découvrant la BD au fur et à mesure de sa création à la page bandes dessinée.

BD & romans, une histoire présentée différemment

Lorsque je me suis décidé à adapter la série Les héros de la cité-mine du Rakdur en bande dessinée (BD), je me suis dit que je ne souhaitais pas faire une simple adaptation mais que celle-ci constituerait une autre approche pour la compréhension de l’univers.

J’ai alors décidé que, même si la trame de l’histoire de la BD serait la même, elle ne suivrait pas l’ordre chronologique des romans. C’était d’autant plus facile car la construction de la série s’y prêtait parfaitement.

En effet, la série est basée sur la technique littéraire de l’analepse, c’est à dire du “retour en arrière” ou flash back en anglais. (Ces deux termes sont issus du milieu cinématographique, pour un roman on parle d’analepse). Je trouve que cela permet d’amener progressivement l’intrigue et de maintenir le suspens jusqu’au dénouement final.

Le meilleur exemple est le tome 2 Le poids du passé, où le lecteur alterne entre “le moment présent” et les souvenirs de Donarg. D’ailleurs, ce roman et le suivant Le droit à l’oubli rapportent des faits qui se sont déroulés plus d’une dizaine d’années en arrière par rapport au tome 1 La compagnie des nains.

J’ai donc décidé que la BD raconterait le récit de façon linéaire. C’est pourquoi, l’histoire débutera par le second tome. Surtout, n’étant plus limité par le nombre d’images, J’espère pouvoir offrir aux lecteurs une autre vision du récit et qu’elle me permettra d’approfondir certains thèmes, et pourquoi pas d’en aborder de nouveaux.

La création des personnages principaux de la fable de Lya

Je vous propose de découvrir comment s’est passé la modélisation des principaux personnages 3D de la fable

Lya, l’enfant

En tant que personnage principal, le choix de la petite fille était très important. J’avais parfaitement en tête son visage, ainsi que ses vêtements. Pour le modèle, je n’ai pas hésité un seul instant. J’ai choisi un genesis 3 female (G3F) adulte. En effet, dans mon second roman (Cf. Le poids du passé) j’avais eu l’occasion de faire plusieurs essais de modélisation d’enfants pour les familles naines du village de Pierrenoire.

Deux solutions s’offraient à moi : soit j’utilisais un G3F enfant, soit je partais d’un G3F adulte que je faisais retourner au stade d’enfant par des morphs Growing up (sur un G3F adulte le rendu est beaucoup plus réaliste qu’avec un G2F). J’ai retenu la seconde solution pour son meilleur rendu et surtout pour la possibilité de pouvoir modéliser un personnage à tous les stades du développement : de l’enfance jusqu’à celui d’adulte et même celui de vieillard. Ce point était très important car à la fin de la fable, le lecteur devait découvrir à quoi ressemblerait Lya, une fois devenue adulte.

Myzéria, la maman

Myzeria la sorciereLe modèle pour la maman sorcière a été, là aussi, très vite trouvé. Je la voyais jolie, sylphide, avec de longs cheveux noir de jais et toute vêtue de noir. Avec du recul, maintenant que j’en parle, je pense avoir été fortement influencé par le personnage de Morticia Addams, incarné dans les années 60 par la séduisante Carolyn Jones dans la série en noir & blanc, The Addams Family, un chef-d’oeuvre d’humour.

Le choix de ses vêtements a été beaucoup plus délicat. En effet, les sorcières dans les mondes d’Heroic Fantasy sont traditionnellement peu habillées, ce qui n’est pas forcément du meilleur effet pour une fable destinée à des enfants. Il fallait donc trouver le juste milieu.

L’image suivante réunit les 3 possibilités retenues à l’époque. Ma préférence était pour la robe noire. Un passage sur Discord m’a aidé à trancher. J’ai privilégié l’avis de la « vraie » maman. Le résultat est donc conforme à une sorcière noire, même si elle peut sembler pas très habillée. J’ai d’ailleurs eu un retour d’une maman lectrice, qui en la découvrant a conclu : « C’est une sorcière pour papa… ». Ce n’est pas faux, j’en conviens.

Le troll lettré

Le troll lettré avec son service à théJ’aime beaucoup les trolls. J’en ai passé des heures à essayer d’en modéliser comme ceci ou comme cela, avec des résultats plus ou moins concluants ! Finalement, j’ai repris le modèle proposé par DAZ3D, auquel j’ai ajouté de longues griffes. Le résultat est assez proche de ceux des films du Seigneur des Anneaux, réalisés par le cinéaste Peter Jackson.

Dans l’heroic fantasy, les trolls sont traditionnellement représentés comme des créatures balourdes et stupides. Plus d’une fois, je me suis dit que les trolls mériteraient d’être plus développés, qu’il y avait beaucoup de chose à écrire sur eux et qu’il n’y avait aucune raison à ce qu’ils soient toujours cantonnés à ces simples rôles. Il fallait donc absolument qu’un troll soit présent. Je voulais que l’histoire commence par lui. De là, est venue l’idée de faire un troll lettré.

Là encore, j’avais parfaitement visualisé ce que je voulais : une barbiche, une paire de lunettes, un plaid et un joli service en porcelaine pour le thé, bref un troll très anglais. Je me suis beaucoup amusé à réaliser l’image où on le voit en train de tenir une tasse avec des griffes démesurément longues, totalement improbable et décalée..

J’ai hésité un moment à lui rajouter une pipe mais j’ai vite abandonné l’idée. Je n’ai d’ailleurs fait aucun essai de modélisation. En effet, je ne souhaitais pas montrer un de mes personnages en train de fumer dans un livre destiné à être lu à des enfants. J’ai toujours en mémoire ce fait marquant où Morris, le dessinateur de Lucky Luke, remplace la cigarette de son héros au profit d’un brin d’herbe.

Le croquetout

Croquetout et CrinièreauventAh le croquetout ! C’est un personnage que je souhaitais absolument inclure. C’est une espèce de petit lézard dinosaure que j’aurai l’occasion de présenter plus tard plus en détails dans le quatrième tome de la série Les héros de la cité-mine du Rakdur. Dans le cas de la fable, il tient lieu d’animal de compagnie. Il est présent sur toutes les planches et permet de rappeler le caractère fantastique de la fable. Il a aussi un autre rôle ludique que j’aborderai plus tard.

Crinièreauvent, le lion

Le dernier personnage est le lion. D’abord, il faut savoir qu’un lion blanc n’est pas forcément blanc avec des yeux bleus. Dans la réalité, la couleur de son pelage peut varier entre le clair et le blanc pur et celle de leurs iris peut être de couleur tout à fait normal. Et puis, pour conclure, le terme “Lionblanc” fait référence à un ordre de chevalerie, pas à la couleur de l’animal. Mais cela, c’est une autre histoire …

Comment m’est venue l’idée d’écrire la fable de Lya

Lya, la petite fille qui voulait devenir Lionblanc” est un conte écrit en vers de sept pieds et douze pieds (alexandrin). Il m’a été inspiré par le rire d’une enfant.

L’idée de cette histoire m’est venue le 16/11/2019. Je venais de boucler le second tome de la série Les héros de la cité-mine du Rakdur – Le poids du passé. Pour me divertir, je jouais sur un jeu online. J’avais groupé avec d’autres joueurs et nous coordonnions nos actions grâce à Discord. En pleine partie, une petite voix se fit entendre, celle d’une petite fille de bientôt 5 ans, appelée Lya. Sa maman avait coupé le micro pour jouer, mais l’enfant en avait décidé autrement. Son rire était à faire fondre le coeur le plus endurci.

Tout est parti, d’un jeu online…

Je félicite la mère (qui jouait une sorcière), en rajoutant que dans quelques années, sa fille pourrait sans doute nous rejoindre dans le jeu. Elle me répond que malheureusement celle-ci préférerait sans doute jouer dans la faction adverse, c’est-à-dire contre nous. Cette petite phrase anodine fut une révélation : une image apparut immédiatement dans mon esprit.

Notre partie terminée, je me suis mis immédiatement à l’œuvre : création de la scène 3D, accompagnée d’un sonnet de sept pieds (un poème composé de quatorze vers répartis en deux quatrains et deux tercets). Vous pouvez voir le résultat obtenu le 17/11/19, ci-contre.

Puis, une image et un sonnet…

Pour réaliser cette image, j’étais parti d’un modèle Genesis 2 féminin (G2F) adulte, que j’ai rajeuni (morphs Growing up) pour obtenir un enfant âgé de 5 ans. Le choix d’un G2F était pour gagner en temps de calculs pour le rendu d’image. Néanmoins, je n’étais pas satisfait du résultat pour plusieurs raisons. L’enfant n’avait pas un visage suffisamment enfantin. La robe utilisée type “Moyen-Age” ne me plaisait pas. De même, le positionnement du lion était à revoir, du fait d’un problème d’ombres au sol. Par contre, j’étais satisfait du rendu style “studio photo” sans décors d’arrière plan. Cependant, l’idée était là. Surtout, cette image avait planté les graines d’une petite histoire. Mais pour cela, j’allais avoir besoin de modéliser plusieurs personnages.

Adaptation de la série des romans du Rakdur en bande dessinée

J’ai décidé de vous parler d’un projet personnel qui me tient vraiment à coeur : la réalisation d’une bande dessinée faite en images de synthèse 3D avec un rendu le plus réaliste possible.

Pour chaque livre illustré, je réalise toujours plus d’images que je n’en inclus dans l’ouvrage au final, essentiellement pour une question de coût prohibitif d’impression. C’est toujours un crève-coeur mais il est difficile de faire autrement.

Du livre illustré à la bande dessinée…

Tout cela m’a poussé à tenter l’expérience du tout en images en réalisant une bande dessinée (BD). A première vue, cela peut sembler simple, mais la BD a ses contraintes : les cases, leurs dispositions, la taille du texte, le choix des mots, etc. De plus, il est très difficile d’obtenir un effet de mouvement avec des images 3D. Je vous mets en avant première un essai de planche.

Il faut compter une à deux semaines en moyenne pour réaliser une planche complète, selon la difficulté et le nombre d’images. Une BD comprenant traditionnellement environ 48 pages, je vous laisse imaginer le temps nécessaire pour mener ce projet à son terme.

Faire une bande dessinée, c’est long, très long, vraiment très long…

Initialement, je m’étais donné quelques mois mais je me suis vite rendu compte que c’était complètement irréaliste. Alors, je me suis fixé une année comme délai malheureusement, là encore, c’était trop optimiste. D’autant plus, que mon projet principal est et reste l’achèvement de la série “Les héros de la cité-mine du Rakdur” . Je pense qu’un délai de deux ans est plus crédible. L’avenir me dira si j’ai raison.

L’origine de la série “Les héros de la cité-mine du Rakdur”

J’ai commencé l’écriture de l’histoire “Les héros de la cité-mine du Rakdur” en 2001. Puis, je l’ai abandonné à ses balbutiements, faute de temps et de motivations. Il a ainsi végété dans le répertoire de mon disque dur durant des années. Je pense même, qu’il y serait probablement resté sans l’intervention de mes fils.

A l’origine, juste un petit texte…

C’était durant les vacances de Noël 2017. Mes enfants souhaitaient que je leur conte une histoire avant de s’endormir. J’ai eu l’idée de ressortir le texte initial. Ils ont été les premiers auditeurs de “La compagnie des nains” . L’histoire terminée, ils m’ont demandé la suite. J’y ai travaillé tous les jours pendant 18 mois et ainsi est née la série “Les héros de la cité-mine du Rakdur” . Le texte était vraiment trop grand pour être imprimé en un seul livre, j’ai donc décidé de le fragmenter en plusieurs petits volumes. Je suis ensuite parti à la recherche d’un illustrateur pour réaliser les jaquettes de ces derniers.

Puis des images et encore des images…

N’ayant pas trouvé ce que je voulais, j’ai décidé de les réaliser moi-même. J’ai commencé avec un papier et un crayon, puis une tablette graphique mais le résultat n’était pas au rendez-vous. J’avais déjà eu dans le passé une expérience avec la 3D cependant c’était il y a bien longtemps. J’ai dû tout réapprendre et au bout de quelques mois j’ai enfin obtenu ce que je désirais. Les jaquettes étaient là. Ensuite, je me suis pris au jeu et de fil en aiguille, je n’ai pas résisté au plaisir d’illustrer les temps forts du texte. Finalement, je suis arrivé à des romans illustrés. Ce sont des livres illustrés qui m’ont donné goût à la lecture lorsque j’étais enfant et aujourd’hui j’écris des romans illustrés : la boucle était bouclée.

Jusqu’aux livres illustrés…

Réaliser un livre illustré est une expérience très enrichissante. Cela renforce le sentiment de donner la vie aux personnages imaginés : ils ont un visage, un corps, des expressions. Tout cela reste gravé dans l’esprit et confère une dimension supplémentaire au récit. Surtout, les images ont eu un impact sur le texte. En modélisant certaines scènes, je me suis rendu compte que certains passages manquaient parfois de crédibilité. Cela m’a encouragé à revoir le texte. C’est amusant car j’utilise le texte pour créer les images et en retour les images m’aident à améliorer mon texte.

Réaliser chaque image demande beaucoup de temps, d’argent et d’énergie (y compris électrique). Il m’a fallu plusieurs mois pour réaliser toutes les illustrations du premier tome “La compagnie des nains” , environ une cinquantaine d’illustrations pour n’en sélectionner au final qu’une quarantaine. C’était difficile de choisir entre les images à retenir et celles à éliminer toutefois, il était impossible de toutes les inclure. Certes, il n’y a pas de soucis pour une version numérique kindle mais par contre imprimer un livre broché sur du papier couleur est très onéreux. Le prix de revient devient vite prohibitif, plus de 15 euros pour 120 pages (Amazon.fr prend 60% de commission). Il a donc fallu faire un choix.

Et pourquoi pas une bande dessinée ?

Pour le second roman, “Le poids du passé” au diable l’avarice ! J’ai laissé libre cours à mon imagination. Je me suis fait réellement plaisir avec plus d’une cinquantaine d’images. Et encore, je voulais en mettre plus mais il fallait me montrer quand même raisonnable. Cela m’a néanmoins donné l’idée de réaliser une bande dessinée mais c’est un projet, dont je vous parlerai une autre fois.